La situation intérieure du Rwanda est stable. Les structures d’état contrôlent le pays avec rigueur mais la sécurité de la population est rétablie. Une nouvelle constitution a été approuvée par référendum en mai 2003 et des élections ont été organisées dans la foulée. Le 26 août 2003, Paul Kagame a été élu à la Présidence avec 95,05% des suffrages tandis que les élections législatives du 29 septembre 2003 ont conclu à la victoire de son parti, le Front Patriotique Rwandais, avec 70% des voix. Officiellement, le taux de participation de la population à ces élections est de 99,45%. Les observateurs électoraux dépêchés sur place par l’Union Européenne ont toutefois relevé de nombreuses irrégularités. Ces événements ponctuent la fin de la période de transition débutée après le génocide.
Sur le plan judiciaire, les autorités ont voulu accélérer le règlement du contentieux du génocide en mettant sur pied les juridictions Gacaca. La loi Gacaca a été adoptée et publiée en mars 2001. Après une phase pilote en 2003, le démarrage de ces juridictions au niveau national est annoncé pour mars 2004. Actuellement, on estime à 110 000 le nombre de prévenus en attente d’un jugement. Environ 14 000 d’entre eux ont été libérés provisoirement et environ 20 000 le seront avant la fin 2003. Sur le plan extérieur, l’accord de Pretoria, signé le 30 juin 2002 entre Kigali et Kinshasa, a marqué le début de la normalisation entre les deux pays et le retrait officiel des troupes rwandaises du territoire congolais. La reddition récente du général Rwarakabije, chef des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), constitue une contribution supplémentaire à la stabilisation de la situation dans l’Est de la RDC et un espoir de paix sérieux pour la région.
Un processus de transition vers l’Etat de droit est en marche au Burundi depuis l’accord de paix d’Arusha du 28 août 2000 à l’issue duquel des élections doivent être organisées. Le 30 avril 2003, le Vice-président Domitien Ndayiezeye, Hutu, membre du premier parti politique du pays le Frodebu succède à Pierre Buyoya, Tutsi, à la Présidence, conformément à Arusha. Cette transition est porteuse d’espoir dans un contexte sécuritaire très dégradé. En effet, les attaques des mouvements rebelles non signataires de l’accord de paix ont redoublé dernièrement sur Bujumbura. Au mois d’avril, les Forces de Défense de la Démocratie ont lancé une attaque d’envergure. En juillet 2003, les Forces Nationales de Libération ont déclenché une des plus grandes offensives jamais conduites par la rébellion, s’emparant pendant quelques jours de plusieurs quartiers du sud de la capitale.
La situation actuelle est confuse. Les FDD négocient actuellement avec le gouvernement en vue d’un cessez-le-feu. Ce n’est pas le cas des FNL, qui semblent par ailleurs affaiblies par cette dernière offensive. L’insécurité dans le pays est généralisée et la Force Africaine de maintien de la paix promise par l’Afrique du Sud, le Mozambique et l’Ethiopie tarde à se déployer complètement.
Le 30 juin 2003, un gouvernement de transition a sanctionné l’accord de paix inter congolais signé le 17 décembre 2002 à Pretoria par le gouvernement congolais, les différents mouvements rebelles et l’opposition politique non armée. Cet accord met fin à une guerre de quatre ans qui aurait fait environ 2 500 000 victimes. Les gouvernements rwandais et angolais avaient, au préalable, accepté de retirer leurs troupes de l’est du Congo Kinshasa. La formation du nouveau gouvernement a été rendue possible grâce à la signature d’un accord sur la gestion de la future armée nationale. Tous les anciens belligérants sont représentés au sein du nouveau gouvernement et chaque mouvement s’est vu attribuer un certain nombre de ministères.
Le Président Joseph Kabila et les quatre vice-présidents auront la lourde tâche de mener ce gouvernement jusqu’aux élections générales prévues en 2004.
Sur le terrain, la situation reste très tendue, particulièrement en Ituri - province du nord-est du pays - même si les milices tribales, instrumentalisées par les « ex-belligérants », ont signé un accord de désarmement. Les immenses richesses minérales de l’est de la RDC expliquent en partie pourquoi tant d’acteurs - locaux et internationaux - sont impliqués dans cette région et pourquoi il est si difficile d’y maintenir la paix. La MONUC est toutefois parvenue a sécurisé une partie du périmètre de Bunia